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L’Europe dans le désert

Capitale Doha

Langue Arabe qatari

Alphabet Arabe

Monnaie Riyal qatari

Fuseau horaire UTC+3

Régime politique Monarchie absolue

Religion Islam sunnite

Transports Voiture

Ce matin de mai à Doha, il faisait 43 degrés. Partout dans la capitale, des immeubles en construction remplaçaient les dernières friches de sable.

Je descendais du bus et abandonnais sa confortable clim. Sur le trajet, entre les luxurieuses villas aux teintes ocres, des façades colorées avaient retenu mon attention. Les avenues de Doha s’étendaient interminablement. Le GPS donnait quarante minutes de marche.

Je m’approchais des immeubles aux couleurs pastel qui semblait en construction, et attirais l’attention d’un garde.

Est-ce que j’avais l’air malveillant ?

Probablement pas. J’ai la peau blanche, cela compte beaucoup dans la manière dont les gens évaluent nos intentions ici. Au Qatar, la hiérarchie des couleurs de peau est importante.

J’expliquais que je trouvais ce quartier curieux, et il me tendait un badge de visiteur. Si facilement ?

Il m’escortait avec le sourire dans la seule pièce aménagée du quartier, un open space avec quatre bureaux. Je devais d’abord m’annoncer.

Une femme du bureau, au tailleur parfaitement ajusté, devait le supposer. Elle pointait un grand poster du projet et m’expliquait qu’il s’agissait de biens et commerces de luxe. Qu’il y aurait un quartier réservé aux femmes. Que le tout avait été conçu dans un style européen. En effet. J’irai sur l’archipel artificiel The Pearl quelques jours plus tard et constaterai que le style européen était au goût des Qataris.

Les ouvriers sur le chantier étaient Asiatiques, probablement Bangladais, Pakistanais, Indiens ou Népalais. L’un d’entre eux venait me demander ma religion et, bien qu’athée, je répondais catholique. De mon expérience au Moyen-Orient, il m’avait toujours semblé que cette question n’était pas tant spirituelle que sociale. Il s’agissait de visualiser l’autre dans un ordre social dominé par l’adhésion à un culte religieux – et où l’athéisme n’avait donc pas de sens.

Grâce aux revenus du pétrole du pays, les Qataris disposent de nombreux avantages sociaux et financiers (hauts salaires, excellente sécurité sociale, scolarité gratuite, pas d’imposition, etc.). La main d’œuvre qui construit le pays est quant à elle constituée d’immigrés Asiatiques et Africains. Aujourd’hui, elle représente 90% de la population, mais ne possède pas les richesses. Les Occidentaux immigrés occupent souvent, de leur côté, des postes bien rémunérés.

Je remettais mon pass au garde et quittais Bahara Town qui ne sera investi, une fois terminé, que par des Qataris et des Blancs.


Localisations

Projet immobilier de Baraha Town 25.242999132231418, 51.49210271100713

Sources

« Examen du Qatar devant le CERD : la situation des non-nationaux, et en particulier celle des travailleurs migrants, est au cœur du dialogue », Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, 2024


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