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Les chemins de fer du désert saoudien

Capitale Riyad

Langue Arabe

Alphabet Arabe

Monnaie Ryal saoudien

Fuseau horaire UTC+3

Régime politique Monarchie absolue

Religion Islam sunnite (wahhabisme)

Transports Voiture, avions, réseau ferroviaire en développement

J’étais en quelque sorte à mi-chemin entre Médine et Al-Ula. Presque 200 kilomètres de désert me séparaient, de chaque côté, des deux villes.

Je m’engageais à droite et suivais une route sans nom qui s’enfonçait dans des dunes de sable. Ce n’était pas commun : dans le Hedjaz, la région bordée par la mer rouge, le désert était avant tout rocheux avec une végétation aride.

J’arrêtais ma voiture au milieu de l’océan de sable. La carcasse du train ottoman gisait là, depuis la Première guerre mondiale, à dix mètres de mon véhicule. Le désert la rendait plus anonyme encore. Je sortais de ma voiture et faisais quelques pas autour des wagons. Le soleil brûlait et le silence était total. Les pieds dans le sable, j’imaginais la surprise des Ottomans, l’attaque du train et la guérilla. J’étais face à l’Histoire.

De 1916 à 1918, la révolte arabe avait en effet mobilisé des combattants contre l’Empire ottoman avec la coopération du Royaume-Uni.

Contrairement à la fameuse scène du film éponyme, l’espion britannique T.E. Lawrence – Lawrence d’Arabie – n’avait pas fait exploser ce train à l’aide d’un détonateur. Le train avait en effet été attaqué par la guérilla arabe locale pour déstabiliser l’Empire ottoman. La stratégie d’assaut de la ligne ferroviaire turque avait, quant à elle, bien été mise en place par les espions britanniques.

La ligne du Hedjaz était en réalité une gigantesque voie ferrée ottomane stratégique qui reliait les deux villes. Elle traversait les actuelles Syrie et Jordanie et toute la région du Hedjaz saoudien sur plus de 1,300 kilomètres.

La route longeait l’ancien chemin de fer désormais recouvert et à peine visible. Parfois, au milieu du désert, j’apercevais des gares. Je constatais que si elles ne figuraient pas sur les brochures touristiques, elles étaient néanmoins rénovées.

A la fin de l’après-midi, je rentrais à Médine sous une chaleur encore écrasante. La route longeait l’ancien chemin de fer et, parfois, j’en remarquais un vestige oublié. Les anciennes gares du Hedjaz font l’objet d’une demande de classification au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2015 et bénéficieront, peut-être un jour, de l’exposition patrimoniale qu’elles méritent.


Localisations

Train abandonné de la ligne Hedjaz 25.541319307571076, 38.741076049192706

Station Al-Buwayr abandonnée de la ligne Hedjaz 24.948471204890783, 38.986098297724894

Station Antar abandonnée de la ligne Hedjaz 25.099824584547793, 38.88423961251259

Sources

« Hejaz Railway », Encyclopædia Britannica

« Hejaz Railway », UNESCO World Heritage Convention, 2015

Lawrence of Arabia, David Lean, 1963


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