Capitale Sarajevo
Langue Bosnien-Croate-Monténégrin-Serbe
Alphabet Latin / Cyrillique
Monnaie Mark convertible
Fuseau horaire UTC+1/+2
Régime politique République fédérale parlementaire (présidence tripartite)
Religion Islam sunnite / Christianisme orthodoxe / Christianisme catholique
Ancien pays Yougoslavie
Transports Petit pays avec un bon réseau de trains, de cars et de bonnes routes
Dobrinja: le village olympique

Welcome to… Sarajevo ’84!
Dans l’ancien village olympique, le panneau semblait encore s’adresser aux visiteurs. Le loup Vučko et le flocon orange, mascotte et symbole de ces Jeux Olympiques d’hiver de 1984, se dressaient toujours aux détours de certaines rues, comme si l’atmosphère des Jeux avait résisté au temps et à la guerre de 1992 à 1995.
A Dobrinja, comme partout dans Sarajevo, les murs et les sols étaient impactés par les obus et les balles. Entre 1992, les armées serbes et yougoslaves s’étaient opposées aux musulmans du pays, principaux partisans de l’indépendance de la Bosnie-Herzégovine vis-à-vis de la Yougoslavie.
Azra, une amie née dans le quartier, m’expliquait que l’ancien village olympique racontait autant l’histoire des Jeux que celle de la guerre. Elle me montrait un gigantesque bunker aujourd’hui fermé et des puits discrets, dans certains jardins, qui avaient été le seul accès à l’eau. Aujourd’hui, les Jeux Olympiques de Sarajevo parlaient de la guerre.
Des grandes tours colorées et uniformes dessinaient des formes géométriques imposantes dans le ciel. Des chiffres gigantesques, sur leur flanc, avaient permis à la presse et aux sportifs de se repérer efficacement. Les parents d’Azra, comme beaucoup d »autres, avaient ensuite bénéficié d’un logement dont ils étaient devenus propriétaires, pour une très faible somme, après l’effondrement de la Yougoslavie.
D’après le panneau, je listais les lieux que j’avais visités :
Trebević
Igman – Malo polje, et l’hôtel Igman
Skenderija
Zetra
Trebević: bobsleigh et luge
Dans la capitale, les gens parlaient de l’ancienne piste de bobsleigh de la montagne Trebević avec affection. Aujourd’hui, la piste de béton était un bel exemple de valorisation de patrimoine abandonné. La piste de béton qui serpentait entre les sapins était intégrée aux tracés des randonnées, et attirait autant les locaux que les touristes.
Pendant le siège, la structure se situait sur la ligne de front tenue par l’armée serbe pour isoler la ville. Des opérations de déminage l’avaient rendu accessible, mais des bâtiments tristement délabrés ponctuaient encore son tracé.
Igman – Malo polje : saut à ski
Les tremplins du mont Igman semblaient perdu au cœur des montagnes des Alpes dinariques. Il y avait, ici, avec les premières neiges, une ambiance de bout du monde.
De 1992 à 1996, le podium avait fait office de mur d’exécution. Repeint, il s’agissait, à cet endroit, de la seule installation ayant fait l’objet de rénovation.
Igman : l’hôtel
Tous les hôtels destinés à accueillir les spectateurs internationaux étaient en ruines ou brûlés. Nous les devinions entre les arbres depuis la route, dans les sinuosités des montagnes.
L’hôtel Igman avait été conçu par l’architecture bosnien Ahmed Džuvić pour les Jeux. Il se distinguait par ses façades inclinées qui rappelaient les montagnes des Alpes dinariques. Tout le mobilier avait disparu, Nous y trouvions néanmoins une brique de lait périmée en 1994, durant la guerre.
Zetra: patinage artistique, hockey, patinage de vitesse
Aujourd’hui, le complexe sportif de Zetra était une infrastructure sportive moderne. Un petit musée olympique présentait une collection riche, et je reconnaissais un ticket pour l’épreuve de patinage de vitesse qui s’y était déroulé. Sur le toit, une patinoire couverte remplaçait l’ancienne piste.
Derrière le complexe, la tour olympique exhibait toujours dans le ciel le célèbre flocon orange des jeux. Sur les murs, des marques oranges laissaient encore deviner les anciennes peintures du flocon et de Vučko.
Pendant la guerre, des cercueils avaient été fabriqués à partir des sièges de bois. Aujourd’hui, une partie des tombes a été déplacée pour accueillir de nouveaux terrains de football. Le complexe est toujours situé au milieu de cimetières.
Skenderija: hockey
La deuxième piste de hockey, après celle de Zetra, était construite selon une imposante esthétique brutaliste. Dans le quartier central de Skenderija, elle était immanquable. Elle est abandonnée depuis l’effondrement de son toit en 2012.
A l’extérieur, une sculpture me rappelait celle du parc Vraca dans les hauteurs de la capitale. L’artiste yougoslave Alija Kučukalič était bien l’auteur des deux sculptures. Les femmes aux bras ouverts représentaient la résilience et résistance des Bosnien.ne.s aux lendemains, cette fois, de la Seconde guerre mondiale.

La sculpture de Kučukalič au parc Vraca
Localisations
Quartier de Dobrinja 43.82797991706428, 18.349283258925613
Piste de bobsleigh abandonnée, Trebević 43.83917674279037, 18.443340422782686
Tremplins de saut à ski abandonnés, Igman 43.76831503054041, 18.245709639509812
Complexe sportif de Zetra 43.8718806682081, 18.409527967476475
Terrain de hockey abandonné de Skenderija 43.85426434761813, 18.412937211598987
Sources
« The Architectural Legacy of Sarajevo’s ’84 Winter Olympics », Spomenik Database, 2024
« Complexe olympique de Zetra », Comité International Olympique, 2021
« Hotel Igman », Architectuul., 2023
« Vandalism and Restoration: Vraca, Alija Kučukalić and Radojka Lakić », Sarajevo Cultural Bureau, 2013
































































