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Les fantômes de Mitrovica

Capitale Pristina

Langue Albanais / Bosnien-Croate-Monténégrin-Serbe

Alphabet Latin

Monnaie Euro

Fuseau horaire UTC+1/+2

Régime politique République parlementaire

Religion Islam sunnite / Christianisme orthodoxe

Ancien pays Yougoslavie

Transports Cars, voiture

Capitale Belgrade

Langue Bosnien-Croate-Monténégrin-Serbe

Alphabet Cyrillique

Monnaie Dinar serbe

Fuseau horaire UTC+1/+2

Régime politique République parlementaire

Religion Christianisme orthodoxe

Ancien pays Yougoslavie

Transports Cars, trains, voiture

La Colline des Mineurs, au nord de Mitrovica, était connue pour son spomenik* qui dominait la ville. La gigantesque sculpture de béton représentait un wagon minier sur deux piliers, et symbolisait l’union des mineurs albanais et serbes durant la Seconde guerre mondiale.

Il faisait froid, ce matin-là, même pour une matinée d’hiver au Kosovo. J’entreprenais de marcher jusqu’au sommet de la Colline.

C’était un autre colosse de béton qui se dressait sur mon chemin, perçant la brume qui étouffait l’horizon. Celui-ci semblait plutôt être un symbole, bien malgré lui, de désolation.

Le pays avait déclaré son indépendance vis-à-vis de la Serbie en 2008. Au Kosovo, il y avait environ 90% d’Albanais et 10% de Serbes. Mitrovica était une ville particulière, située à 30 kilomètres de la frontière serbe et qui comptait une importante minorité de Serbes. Elle était principalement répartie au nord de la ville, derrière la rivière Ibar.

Depuis 2013, Mitrovica Nord était une municipalité autonome. Sa gestion dépendait essentiellement de Belgrade. Elle restait néanmoins au cœur des tensions diplomatiques entre la Serbie, le Kosovo et les organisations internationales. De nombreux projets et financements municipaux, à l’image du complexe sportif, se retrouvaient annulés.

Au bout d’un chemin pavé, l’impressionnant spomenik de l’artiste Bogdanović se dévoilait enfin. Que restait-il de de l’unité affichée du monument, qui restait un symbole à Mitrovica ?

L’année 2004 avait marqué l’apogée des tensions entre Albanais et Serbes au Kosovo depuis la guerre de 1999. A Mitrovica Nord, les pillages et incendies des maisons avaient provoqué l’évacuation de 4100 Serbes.

Je descendais la rue Çeta e Minatorëve, à flanc de colline, pour regagner le centre-ville. La plupart des maisons, autour de moi, n’étaient plus que des façades de brique dont le toit manquait, et devant lesquels les détritus s’accumulaient. Personne n’était revenu depuis 2004. Dans le centre-ville, on passait devant les maisons désossées sans leur prêter attention.

A Mitrovica Nord, on semblait s’être habitué à la violence des incertitudes administratives et politiques. J’arrivais finalement sur la grande rue Pierre 1er et décidais de me réchauffer dans l’un des nombreux cafés animés. Je repensais au spomenik qui, aux beaux jours, devait être visible depuis la rue.


Localisations

Mitrovica (Nord) 42.89452332612046, 20.865580313391245

Complexe sportif abandonné 42.89764917456713, 20.859479390527223

Musée de la Ville de Mitrovica (Mitrovica, Kosovo) 42.88731225253656, 20.868587611335155

Sources

Musée de la Ville de Mitrovica (Mitrovica, Kosovo)

« Kosovo Youngsters, 20 Years Since the War », Arte, 2019

« EU in Kosovo cancels 7.8 million euro projects in North Mitrovica », European Union External Action, 2017

« ‘Worst Day of My Life’: Kosovo Serbs Still Scarred by 2004 Unrest », BalkanInsight, 2024

« Mitrovica », Spomenik Database


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