Capitale Sofia
Langue Bulgare
Alphabet Cyrillique
Monnaie Euro
Fuseau horaire UTC+2/+3
Régime politique République parlementaire
Religion Christianisme orthodoxe
Transports Trains, cars et bonnes routes sur les grands axes
J’avais parcouru le cimetière central de Sofia, grand de 913 hectares, depuis la fin de la matinée. Il faisait presque 35 degrés.
Le mausolée de Georgi Dimitrov, premier dirigeant de la Bulgarie communiste de 1946 à 1949, avait été dynamité en 1999. Le pays décidait de se débarrasser de son héritage communiste, et particulièrement de l’opulent monument funèbre de l’homme qui incarnait désormais l’autoritarisme du régime.
Je venais trouver la nouvelle tombe.

Le mausolée de Georgi Dimitrov à Sofia
(crédit. FOTO:FORTEPAN / A R, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=50762585)
La section 10 accueillait d’autres figures du socialisme. Comme partout à l’Est, le sort de leur dépouille à la chute du communisme était devenu politique. Les défunts, ici, n’avaient pas été déplacés.
Dimitar Blagoev.
Initiateur du socialisme balkanique au 19e siècle.
Todor Zhivkov.
Dirigeant de la République Populaire de Bulgarie de 1954 à 1989.
Luydmila Zhivkova.
Fille de Todor Zhivkov. A commandé la construction du « NDK » (Palais National de la Culture), lieu de flânerie incontournable de Sofia aujourd’hui.

Un ouvrage de Zhivkov au musée Red Flat

Les tombes de Todor Zhivkov, sa femme et Lyudmila Zhivkova

Un ouvrage de Zhivkov au musée Red Flat

Le NDK et ses jardins aujourd’hui
Dimitrov n’avait évidemment pas été déplacé dans la prestigieuse section 10.
Je continuais à naviguer méthodiquement dans les allées.
J’observais les tombes de gauche.
Je faisais demi-tour et regardais celles de droite.
Il m’arrivait de revenir sur mes pas.
Je remontais les allées intermédiaires.
Et il faisait chaud.
Et puis il n’y avait plus d’allée.
Les tombes étaient abîmées. Des feuilles mortes en recouvraient les semelles et constituaient des passages de fortune.
Mes vas-et-vient méthodiques étaient devenus une déambulation hasardeuse. J’identifiais finalement la tombe par chance, grâce à la photo de Dimitrov. Elle était anonyme, parmi les centaines d’autres oubliées.
La demeure éternelle de Dimitrov avait subi un impressionnant déclassement. Elle n’avait la majesté ni d’un mausolée, ni des tombes de la section 10.

Le traitement posthume de Dimitrov illustrait les vives tensions autour de l’héritage communiste bulgare. En 2000, une loi votée par le Parlement qualifiait de criminel le régime communiste bulgare. A Sofia, le Musée National d’Histoire lassait lui-même le récit d’après-guerre quasiment vide.
Le mausolée de Dimitrov restait néanmoins bien mystérieux, puisque les souterrains, encore intacts, renfermeraient un laboratoire d’embaumement…

Les fondations du mausolée aujourd’hui
Localisations
Mausolée de Georgi Dimitrov (détruit) 42.69582000067713, 23.326316086023834
Tombe de Georgi Dimitrov 42.716763045654126, 23.338616313938182
Section 10, Cimetière central de Sofia 42.714445793350514, 23.33705285981292
Musée National d’Histoire (Sofia, Bulgarie) 42.65515636189102, 23.27088338029939
Musée Red Flat (Sofia, Bulgarie) 42.69396362110471, 23.319641162932154
Sources
« RIP in BG? », VAGABOND, 2009
Musée National d’Histoire (Sofia, Bulgarie)
« Georgi Dimitrov Mausoleum », Wikipedia
Musée Red Flat (Sofia, Bulgarie)









