Accueil / Pays / France / Le Havre : escale dans la ville-béton

Le Havre : escale dans la ville-béton

Capitale Paris

Langue Français

Alphabet Latin

Monnaie Euro

Fuseau horaire UTC+1/+2

Régime politique République parlementaire

Religion Athéisme / Christianisme catholique

Transports Voiture, trains

A l’avant-port, les porte-conteneurs se croisaient selon l’impitoyable agenda du commerce international. Ils transportaient des marchandises et, surtout, des marins venus de l’autre bout du monde qui s’arrêteraient pour une courte escale.

Au fond, l’on allait au Havre comme on visitait un ami de longue date que l’on aurait perdu de vue. Après le passage de la douane, les marins se souviendraient de leur précédente escale ici, de telle rue, de tel hôtel ou de telle buvette. Les officiers de la marine marchande française, formés à l’Ecole Nationale Supérieure Maritime dans le centre-ville, reviendraient poser leurs bagages entre deux missions à travers les mers.

Au centre-ville, la Promenade des ports du monde honoraient les grands ports internationaux. Le chez-soi du marin était en effet une duplication de sa cabine, à un endroit du globe donné, et qui transcendait les distances.

J’avais moi-même visité certains de ces ports, et me souvenais, avec émotion, du cimetière de bateau de Koweït City.

Le Havre était comme ça, elle portait en elle la nostalgie de la chaleur du foyer retrouvée pour un temps.

Depuis la gare, je descendais le boulevard de Strasbourg qui devenait ensuite l’avenue Foch, les deux artères étant semblables et fidèles à l’harmonie moderne voulue par l’architecte Auguste Perret pendant la Reconstruction. Au fond de la rue de Paris, qui faisait face à l’hôtel de ville, la fameuse Catène de Conteneurs réalisée par l’artiste Vincent Ganivet annonçait le commencement du quai de Southampton.

A vrai dire, le conteneur était l’icône idéale du Havre, symbole de mobilité, de voyages, mais aussi à l’image de son architecture, incarnant la praticité et la modernité. J’avais tout de suite aimé cette ville qui, partout, nous rappelait l’autre bout du monde.

Après la Seconde guerre mondiale, le centre-ville du Havre avait été reconstruit en béton, alors accessible et qui permettait d’ajuster les nouveaux logements au confort moderne. Perret en avait fait une œuvre d’art, en jouant avec les textures, les couleurs et les formes que pouvait prendre le matériaux. Aujourd’hui, le centre-ville est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Des bas reliefs Art Deco en pierre avaient été sculptés entre les portes. Perret avait rendu hommage aux bâtisseurs de la ville depuis sa création en 1517, comme si sa destruction quasiment totale pendant la guerre avait précipité son besoin de s’historiciser, de se raconter et de se souvenir d’elle-même – pour toujours. Au Havre comme dans toutes les villes qui avaient souffert, l’anéantissement urbain ne faisait pas perdre la mémoire.

Les falaises de Sainte-Adresse cernaient la ville au nord-ouest. Par beau temps, elles offraient une vue inédite sur le centre. Des postes d’observation étaient perchés à flanc des falaises. Le chemin côtier serpentait en effet entre les bunkers de la Seconde guerre mondiale, désormais abandonné et qui ravissaient l’imagination des artistes graffeurs.

Étiquetté :

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *