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Mitrovica, une ville divisée

Capitale Pristina

Langue Albanais / Bosnien-Croate-Monténégrin-Serbe

Alphabet Latin

Monnaie Euro

Fuseau horaire UTC+1/+2

Régime politique République parlementaire

Religion Islam sunnite / Christianisme orthodoxe

Ancien pays Yougoslavie

Transports Cars, voiture

Capitale Belgrade

Langue Bosnien-Croate-Monténégrin-Serbe

Alphabet Cyrillique

Monnaie Dinar serbe

Fuseau horaire UTC+1/+2

Régime politique République parlementaire

Religion Christianisme orthodoxe

Ancien pays Yougoslavie

Transports Cars, trains, voiture

Je me hâtais dans un coffee shop de la rue Pierre Ier, dont les lettrages en cyrillique étaient habillés des couleurs de Noël. Un épais brouillard recouvrait la statut de l’ancien roi de Serbie au bout de l’artère commerçante.

Je tendais au serveur quelques euros, la monnaie utilisée au Kosovo. Il les refusait poliment. Le nord de Mitrovica était serbe et ici, on payait en dinars.

Le pont de Mitrovica enjambait la rivière Ibar et reliait la rue Agim Hajrizi au sud à la rue Pierre Ier au nord. Il n’était pas de ceux qui symbolisait l’unité. De part et d’autre, on ne retirait pas les mêmes devises, on ne parlait pas la même langue, on n’employait pas les mêmes alphabets. On ne marchait pas sous les mêmes drapeaux ou devant les mêmes héros nationaux.

Le Kosovo avait déclaré son indépendance de la Serbie depuis 2008 et, était peuplé à 90% d’Albanais. Mitrovica comptait malgré tout une importante minorité ethnique serbe, car elle était située à 30km de la frontière avec la Serbie. 80,000 Albanais vivaient au sud et 50,000 Serbes au nord.

Comme un reliquat de la guerre de 1999 entre le Kosovo et la Serbie et des conflits qui lui avaient succédé, des soldats de la KFOR* et de l’ONU et des policiers kosovars patrouillaient le pont en permanence.

Le passage avait été fermé aux véhicules motorisés après la guerre. Le pont était devenu un check point afin de contrôler les flux de marchandises et, de facto, une frontière entre le nord de Mitrovica et le reste du Kosovo. Le check point n’existait plus depuis longtemps, mais l’hypothèse de la réouverture du pont à la circulation restait encore aujourd’hui épidermique.

Au Musée de la Ville de Mitrovica, au sud, la directrice Nora Prekazi me présentait une vaste collection minéralogique. Elle m’expliquait une histoire de Mitrovica loin des représentations mises en avant par les discours nationalistes. Mitrovica était avant tout une ville de mineurs. Les mines de Trepča, en périphérie de la municipalité, avaient constitué 70% des revenus miniers yougoslaves. Jusqu’au milieu des années 1980, le complexe était l’un des plus importants au monde.

Nora nuançait le sentiment de division que la disposition urbaine mettait en évidence. Les familles de mineurs qui s’étaient installées à Mitrovica venaient de toute la Yougoslavie.

Pour elle, les tensions ethniques étaient avant tout le résultat de la politisation des disparités ethniques à la mort de Tito en 1980 et à partir de 1990, sous l’impulsion du président nationaliste serbe Milošević.

Le dernier jour, sur la Colline des Mineurs, au nord, je me trouvais face à un spomenik* qui dominait la ville. Je me rappelais de ma conversation avec Nora.

En 1973, l’artiste Bogdan Bogdanović conçevait ce gigantesque wagon minier de béton. Les deux pilliers, ensemble, représentaient l’unité des mineur albanais et serbes durant la guerre.


Localisations

Pont de Mitrovica 42.891331752472084, 20.86600665289797

Spomenik de la Colline des Mineurs 42.896218323044934, 20.860173113006688

Musée de la Ville de Mitrovica (Mitrovica, Kosovo) 42.88731225253656, 20.868587611335155

Sources

Musée de la Ville de Mitrovica (Mitrovica, Kosovo)

« Kosovo Youngsters – Une minorité oubliée », Arte, 2019

« Mitrovica’s Flashpoint Bridge Symbolises Kosovo’s Divisions », BalkanInsight, 2017

« The bridge that separates », Center of Western Balkan Studies, 2024

« Iconic Ibar Bridge is again a potential flashpoint in northern Kosovo », BNE Intellinews, 2024

« Mitrovica », Spomenik Database

« La mine de Trepča, son histoire, sa géologie et ses minéraux », Geopolis, 2010


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